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Commentaire fourni par Olivier Duché, pharmacien, spécialiste en médecine chinoise
Accidents liés aux plantes chinoises
Commentaire fourni par Olivier Duché, pharmacien, spécialiste en médecine chinoise samedi 11 novembre 2006 , par Christian Portal

Préambule

Tout d’abord il faut préciser que les remarques formulées dans ce document sont relatives aux cas d’intoxication par des plantes chinoises prescrites par des médecins dans une clinique médicale en Belgique, pour faire maigrir des patientes. Le même type d’accident s’est produit en France mais l’étude a été sans doute moins approfondie mais en tous les cas moins communiquée.
Nous considérerons les remarques formulées dans ce document comme applicables aux cas français d’intoxication par les mêmes plantes.

 Rappel des faits

Deux personnes de sexe féminin de 42 et 46 ans se sont vu prescrire dans le cadre d’un traitement amaigrissant une préparation dans laquelle figurait deux plantes appartenant à la pharmacopée chinoise (Stéphania tetrandra et Magnolia officinalis) ainsi que d’autres produits (acétazolamine, poudre de belladone, poudre de pancréas, de lamaria, de fucus, et de cascara).

Ce traitement a duré 11 mois pour la première de ces personnes et 18 mois pour l’autre.
Quelques années après, ces personnes ont dus être dialysées pour insuffisance rénale sévère et ont développé un cancer du rein.

Les autres cas apparus depuis en France, suivront toujours selon le même schéma.
Apres enquête sur les agents pouvant être responsabl de ces pathologies, une des plantes chinoises a été suspectée il s’agissait de (Stéphania tetrandra, HAN FANG JI) mais en fait cette plante aurait été substituée par inadvertance par une autre plante chinoise (Aristolochia fangchi GUANG FANG JI) contenant des substances néphrotoxiques.

 Commentaires

  • Utilisation non traditionnelle des produits (c’est à dire non conforme aux recommandations des pharmacopées traditionnelles) c’est-à-dire entre autre, non incorporée dans une formule traditionnelle savamment dosée.
  • Mauvais choix des plantes utilisées en fonction d’un diagnostic en médecine chinoise traditionnelle (ici cas chronique de faiblesse et non pas cas aigu et avec plénitude) et non respect des précautions d’emploi des produits dépendant directement de ce diagnostic traditionnel.
  • Mélange réalisé avec d’autres substances chimiques risquant de potentialiser un effet toxique.
  • Durée de prescription beaucoup trop importante avec des doses trop élevées.
  • Utilisation de la plante sous une forme (poudre cryogénée) risquant de détériorer celle-ci en faisant apparaître des substances et des effets indésirables et non connus dans la pharmacopée traditionnelle.
  • Difficultés pour l’industrie pharmaceutique de rentrer dans un secteur quelle connaît culturellement très mal et d’y être performante (du fait de la non acceptation par le système en place de la culture nécessaire à la réalisation de cette performance).
  • Non surveillance régulière des malades confrontés à ce traitement.

Ce qui doit conduire à s’interdire d’utiliser un produit issu de connaissances médicales, physiologiques et pharmacologiques qui ne sont pas maîtrisées par le système thérapeutique.

 Conclusion

On s’aperçoit ici qu’utiliser des éléments d’une médecine sans suivre les règles de celle ci, peut s’avérer dangereux. Les règles établies par un système médical doivent être respectées dans leur intégralité (par exemple : la formation des personnels, l’établissement et présentation du diagnostic, respect des méthodes de traitement existantes nécessitant par exemple la connaissance et l’utilisation correcte des produits de la pharmacopée correspondante......etc.


Commentaire de Christian Portal

Cet article a pour but de corriger les interprétations qui ont tendance à faire peser la responsabilité d’accidents pharmacologiques sur les « thérapeutiques non éprouvées », alors le problème réside à deux niveaux :

  1. Quand sont associés, volontairement ou non, des produits appartenant à deux pharmacopées, on incrimine toujours celle qui appartient au domaine non conventionnel, même si c’est le cas souvent, elle est la plus ancienne.
  • le cas du millepertuis est exemplaire, quand on le considère responsable des accidents quand il est en présence de certains médicaments de synthèse. Or c’est seulement l’association qui pose problème, et ce devrait être en principe, le produit le plus nouveau ou le plus synthétique qui devrait être en cause et s’adapter et non le contraire.
  • On voit ainsi la pervertion de l’esprit qui amène, hélas en toute bonne foi, à penser que les pharmacopées traditionnelles représentent un danger.
  1. le deuxième niveau concerne le corps du texte d’Olivier Duché, c’est-à-dire la connaissance approfondie des pharmacopées traditionnelles, négligées par une société mercantile et matérialiste. Cette société veut éradiquer les racines de ses savoirs, en mettant de côté la spiritualité qui les a fondés et s’appuyant sur un réductionnisme scientifique qui fût la marque de la deuxième moitié du 20ème siècle, et qui reste en médecine toujours d’actualité.
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