2001-L’homme moderne et l’homme traditionnel
Morceau choisi - le défi du 21e siècle (Edouard Goldsmith)
L’homme traditionnel parvient ainsi à diagnostiquer les maladies les plus diverses comme symptômes des déséquilibres écologiques et sociaux qui apparaissent lorsque le Chemin est délaissé et qu’une violation des lois du cosmos en perturbe l’ordre spécifique : l’équilibre ne peut être rétabli qu’en corrigeant ces écarts et en retrouvant le Chemin.
L’homme moderne aborde au contraire ces problèmes selon un schéma de relations de cause à effet, d’après lesquelles la maladie est perçue comme le résultat d’un événement ponctuel, par exemple l’action d’une bactérie, d’un virus ou autre pathogène - qui devra être éliminé, généralement en lui livrant une guerre chimique. Pour ce faire, nous construisons les usines pour fabriquer les produits chimiques en question, les magasins pour les vendre, les hôpitaux où les dispenser et les universités où former les ingénieurs chimistes, pharmaciens, médecins et autres spécialistes qui se chargeront de les produire, de les vendre et de les prescrire. Nous plaçons donc notre confiance dans le développement scientifique, technologique et industriel - ou progrès - que notre société est programmée pour fournir. Cela peut éventuellement servir à soulager quelque malade ; cela servira toujours les intérêts des industriels et de leurs alliés politiques ; mais cela n’agira en rien sur la fréquence des maladies.